Mathilde Baron ~ On fait avec les moyens du bord, oai. Et même si on manque de nécessaire, on fait l'tri, on prend dans la chair. On n'peut pas oublier, on n'peut pas r'commencer. Ni appuyer sur Reset. Mais en utilisant les moyens du bord, on peut faire en sorte de continuer. Et de ne plus s'arreter. - Avancer - \. . ./
Justine-Lucie Bricot aime ça.
Mathilde Baron ~ :)
Justine-Lucie Bricot ~ On fait avec les moyens du bord, histoire de pas risquer le naufrage. On tangue à tribord ou bâbord, alors qu'avant on s'illusionnait aux phares, à la nage.
Maintenant, on peut même apercevoir l'horizon, derrière la voile. Les contours des falaises, pigmentés d'étoiles.
(oui-oui, c'est dimanche, et j'ai aucune inspiration. On oublie.)
Mathilde Baron ~ *-* On oublie pas, non. C'est beau.
Justine-Lucie Bricot ~ Tss.
J'ai beau agripper le gouvernail, j'finis toujours par vider mes entrailles. J'expire, au lieu de me laisser inspirer. Je jette des mots dans le ciel, pour les faire bouffer aux fusées. Des appels de détresse, qui pétillent dans les cieux.
Si j'attrape quelques rimes dans mes filets, c'est pour mieux les triturer. Les user, pour, à la résignation, les condamner.
Mathilde Baron ~ On fait une battle ? :)
Mais j'ai pas les mots, là tout d'suite maint'nant. J'bafouille quelques phrases au fond d'ma bouche, j'les ravalent et ils s'engouffrent, ils écorchent alors les parois d'mon ventre, liant ma langue et mes boyaux, ils se jettent en lambeaux, l'acide les rongeant & attaquant ma peau. J'crirai pas, aujourd'hui, mes cordes vocales ont été trop brulées par mes maux, l'inspiration me fait mal, et je n'tiens plus l'expiration, expiration, expiration.. Me consumme à petit feu, pétage de plomb oblige j'suis passée par dessus bord, le bateau tanguait trop et à force on fini par sombrer, on était proche du port, pourtant, on était presque à quai, mais j'ai pas vu les rochers en lame de rasoir au pied d'la falaise, le phare était cassé on y voyait que dalle, et puis on fonce, on fonce pour trouver rivage mais.. On r'garde pas devant on r'garde notre bonne étoile, celle qui est censée briller pour nous et on a pas vu, non pas vu la tornade..
Justine-Lucie Bricot ~ Avec plaisir ;].
J'suis la fille des mathématiques, gamine-calculatrice. Le lyrisme n'est qu'une feinte, les rimes m'éreintent. Ma boussole cousue dans l'encéphale, et entre les phalanges, les cartes qui s'empalent. J'traçais mes trajectoires, dans l'opaque reflet du miroir, j'voulais traverser la paroi, avec pertes et fracas. J'imaginais déjà, les lèvres rouges de mes gencives défoncées. L'émail ponctué de verre, les mains argentées. J'serais arriver chez les joyeux, avec ces éclats dans mes yeux. Et j'aurais continuer, t'sais, à planquer dans ma gorge, des fioles. Des liquides asphyxiant celui lacrymal, de l'eau-de-feu pour obstruer mes râles. J'aurai enchanté les passants avec mes complaintes de torturée, on m'aurait plainte et ça m'aurait bien fait rigolé.
Mais, j'sais pas, un matin d'été, j'me suis planté mon compas dans les iris, avec sincérité, sans déconner, fini de faire l'actrice. J'ai laissé tomber mon masque, et j'ai sauté dans un radeau. Plus peur, même pas peur, de tomber à l'eau. Et pourtant, j'me retrouve aujourd'hui, à quelques mètres de toi, emmitouflée dans la nuit. Qui m'protège même pas, si tu savais comme j'ai froid. J'ai perdu ma localisation et ma raison.
Justine-Lucie Bricot ~ Et comme tu l'as raconté, moi, j'étais dans une cage en train d'hurler, j'ai pas vu la tornade m'aspirer. Et j'ai dû arraché mes paupières pour leur plaire. J'ai contemplé le désastre, mes os sur la plage, d'la chair qui transpirait de rage. J'ai observé ma carcasse se déliter, et aujourd'hui, j'parviens même pas à regretter. Faut payer nos erreurs, noyée(s) dans la torpeur.
Et si demain, le cargo est à quai, si demain, il nous prend encore la folie d'nous barrer ? On s'engouffre au hasard dans les écueils, on tend un ½il.. ? Un sur l'horizon et un sur le port ? Est-ce qu'on nous suppliera, est-ce que quand on rentrera, ils seront morts ?
Tu sais, ceux qui se fossiliser en béquilles, pour nous rendre jolies. Ceux qui nous tendaient leurs poignets quand on coupait nos veines, ceux qui nous fendaient les joues, quand nos âmes erraient en peine..
Mathilde Baron ~ OO' Dur de te suivre !
Mais.. J'suis la fille du Français, de la tragédie et des pensées. J'me morfond au fond d'la cale, j'vois l'monde en décoloré. J'pries vagement à c'qu'un souffle me ramène, j'me martèle la tête à coup de souvenirs profanés. J'ferme pas les yeux, meme si j'vois plus la réalité. J'me découpe les paupières, pour m'convaincre de mes pechés. J'hurle à la mort, c'est qu'ça fait un mal de chien, de voir tant de beauté s'évader. Ton radeau est usée, poupée, le bois rongés par les termites. On va couler, j'te le dis, on arrivera pas à s'en aller. Retour à la case départ, le niveau d'eau a augmenté. J'sais pas nager, bordel. J'bois la tasse comme une gamine déboussolée. J'me prend une claque comme une p'tite fille tyranisée. Je fonce, j'te retiens, pourvu que tu survives, je te tend la main, pourvu que tu survives.. La bouée de secours est trouée on s'récupère à la p'tite cuillère, c'est fou, l'eau est froide, ce soir, et la neige tombe. Ca en devient un lac gelée, une marre pour les prisonniers. Je pris pour te garder en vie, le poème n'est pas encore achevé, encore un peu, mélodie, juste pour te garder en vie.
J'crève pour tout l'amour que j'ai volé, pour l'espoir qui m'a bouffé. J'crève pour toi, dans l'froid en condamnée. Sorcière solitaire, à défaut d'avoir aimé princesse apprivoisée. J'ressors plus de l'eau, la le radeau m'a assomé. Et j'ai fais c'que j'ai pu, j'te jure, juste pour te revoir sourire. Le rivage n'était pas loin pourtant, j'ai pas su m'accorder. Le piano joue encore, sur mes paupièes arrachées. Ma pupille dilatée, la lumière me transperce. J'ai pas su, j'ai pas su, mais j't'ai sauvée...
Mathilde Baron ~ Si demain, demain l'envie nous prend de repartir, à la chasse à l'avenir, alors nous partirons, le coeur accroché, cette fois, sans attendre que la marée baisse. On ira à la recherche d'un joyaux, le bonheur, ptét', on luttera à nouveau sans se prendre la tete. Et si, si demain ils nous supplient, si demain, un peu d'amour nous parvient, alors nous rentrerons, mais en se liant les mains, coupées de liberté, on est rentrée à quai.. Mais est-ce que ce voyage, aussi périeux que merveilleux, vaut plus que la raison, vaut plus que notre.. Maison.. ? Qu'est-ce qu'il y a au bout, ce joyaux que l'on attendait tant ? Un nouvel horizon, que nos yeux pourraient pleurer.. ? Qu'est-ce qui nous attend, si demain, l'horizon est à portée, si le monde, derrière nous, nous retient par nos mains liées.. ?
Justine-Lucie Bricot ~ Magnifique ♥ .
J'voudrais être à ta hauteur, mais j'sais plus comment me caractériser. J'ai les bras en l'air, j'essaie de choper un nuage, de le planquer dans mes tympans, histoire d'érafler le cours du temps. Et mon âge.. Si tu savais comment j'ai bourlingué, des paumées comme nous, j'en ai côtoyé. J'leur ai caillassé la face, j'ai martelé leurs pupilles jusqu'à ce qu'elles cassent. J'ai fouillé ensuite dans leur crâne, y'avait que des vers qui suintaient, j'ai chopé leur âme, j'l'ai sniffé. J'ai soufflé des marées de démences hallucinées. J'ai coupé des bouts de leurs corps, j'me suis forgé une armure avec ça. Et un canif, pour crever la lucidité, quand j'peux pas.. Quand j'peux pas me confesser, moi aussi, mes souvenirs sont profanés. Quand j'peux plus soutenir aucun regard, quand c'est seulement vers l'océan que je crache mes sourires, rares.
Y'a une multitude de nombres, mais une ombre parmi mes équations. Est-ce toi, squelette d'espoir qui joue à la bonne fortune ? J'vois la roue tourner, et d'ssus, sans dèc, j'suis écartelée. Allez, plisse tes yeux inquiets, j'te ferai miroiter ma survie. Plisse la réalité, j'te fabriquerai du bonheur brodé avec les carcasses de tes ennuis. Moi, j'broye mes journées entre mes mains, j'm'écoule comme un sablier, sauf que j'expirerais avant la fin.
Me cherche pas, s'toi la princesse, c'est toi qui dominera l'empire de nos songes. Ta mission, c'est de cesser de jouer l'éponge. Va décrocher ta joie, même si pour cela, faudra lâcher les existences ligotés. Fais fondre nos chaînes, faut que t'aille conspirer. Ils te vendront de l'amour presque véritable, certifié authentique, ils seront beaux et fiers, loin de nos méandres aquatiques. Ils auront une peau lisse comme du plastique, on les appelle les vivants, tendance hypocrites.
Moi, j'voudrais que tu les rejoigne, fais gaffe à mon acide. Il jaillit de mes mains jusqu'à ce que l'encrier soit vide. L'encrier, c'est mon estomac, et c'est un peu comme la boîte de Pandore. Si tu l'effleures, j'te jure que t'auras des remords.
Allez, cours, t'es pas une sale gosse, casse toi de cet enfer. T'es pas taillée pour ça, t'es pas raide dingue du fer. En peu de temps, j'parie sur ta destinée. J'parie sur ta capacité à te tirer de cette cale enfumée. La vie en technicolor, avec l'avenir qui cesse de te rentrer d'dans. Le présent, tu l'tiendras fort, histoire de pas serrer les dents.
Courage, et défonce toi la cage thoracique. Dernier sprint avant que j'entame mon grand huit.
Justine-Lucie Bricot ~ J'suis pas remorquable, t'sais, faudra que tu te jettes au paradis sans ma présence. J'suis jugée en tribunal de dernière instance, ultime parole, t'sais, au fond j'ai rien à dire. Y'a que le néant qui m'attire. J'ai la gorge qui se noue, n½ud de marin, c'est qui ce connard qui prie pour ma fin ?
Y'a du talent dans tes pores, il te sauvera même amarrée au mauvais port. Allez, cherche, tu dénichera le bonheur au hasard. Mais, trouve toi des tavernes quand frémit le blizzard. J'pourrai raviver mes cendres pour te réchauffer, j'pourrai même réapprendre à écrire et à faire sonner.. Les syllabes qui ponctuaient mes journées.
Mais, j'ai tout perdu, abandonnée. J'voulais plus jouer. J'ai attendu qu'on vienne me chercher, j'les ai tous dévorées. En déficit de vitalité, impossible à exorciser. J'm'enfonce, minable, cherche pas à me déterrer.
Mathilde Baron ~ Y'a pas plus de hauteur que d'espoir, l'échelle est pas assez grande pour ton reflet dans l'miroir. J'me suis forgée comme je peux, avec ces souvenirs désastreux. J'voudrais un peu de chance, mais c'pas scientifique, ça, les chiffres c'est c'qui t'mets en transe. Tu calcules trop vite ma destinée, j'suis pas née pour m'envolée, j'suis tombée dès l'premier round, j'suis pas fière ni héritière, j'ai pas de données, j'suis qu'une névrosée. Enfermes-moi avec toi dans cette cage, on s'donnera la main et du courage, t'sais, toi tu dis qu'on peut pas t'sauver, mais j'vaux pas plus que toi, à force de creuser le trou s'est rebouché, enterrée vivante, t'sais, j'ai plus que mon âme pour pleurer. Quand j'regarde mes mains, ce sont celles d'ignorante, j'me connais pas, putain, ni même ce refrain. Est-ce que le monde qu'on recherche est sous terre, avec les vers que t'as déniché, on s'rait bien là-bas, dans notre élément à méditer. Tes mots sentent la suie, dépoussières-les, tu fais de grandes choses, t'as pas à t'mépriser, regardes, regardes c'qu'ils ont fait, à nous convaincre que l'on est rien, à nous donner peur du lendemain. On peut etre forte, nos acides s'emmèleront, nos encres ne baverons plus sur leur face d'enkilosés, r'gardes, r'gardes comme on lutte, à deux, avec la haine et le sang dans la bouche, à faire crever les corbeaux, le palet en feu d'avoir trop encaissé, on peut, on peut, avec la terre et le feu, avec le noir et le sang, on peut, gagner le bleu du ciel, pour un sourire, juste pour un sourire j'me mettrai face à toi, sur la rive opposée, pour te voir sourire lachement abimée..
La pluie se mélange à la neige, la boue se mélange à l'eau. Dégueux mélange et mots doux, brisent et renversent le souffle d'amertume, tournes la formule, cries-la, détestes-la, on s'en sort, le soleil à nous cramer les yeux fait face, on lutte, le bleu, le jaune, le blanc nous ébouissent, aveuglemment on se relève, on fonce, tu fonces, avec moi ! C'est la danse macabre des amours abandonnés, des gamines déjantées, alors crèves, crèves leur les yeux glauques avec ton canif' et vois comme le bord devient élevé, il nous assure notre nouvelle destinée.
Justine-Lucie Bricot ~ "Wahou", onomatopée qui s'échappe. Une stupéfaction qui happe.. L'amertume craquelée sur mes joues, ça s'fendille, et y'a même pas de trous. Pas de plaies qui sanguinolent, pas de cicatrices qui s'étiole. Putain, s'quoi ce trip conscient ? C'est quoi cette idée, mes dents qui s'cachent derrière mes lèvres dépourvues de sang. Ma bouche écarquillée, et mes paupières même pas fermées.
Ah oui, j'crois avoir déjà subi ce phénomène, c'est le sourire, le réconfort qui vient déloger ma peine. J'sais pas si j'dois encore accorder ma confiance aux trémolos d'autres voix, mais la tienne, on dirait une symphonie qui s'échappe et qui vient titiller mes sens, même quand je danse.. A des kilomètres au-dessus du sol, pendue au manège désenchantée. J'ai fait une quinzaine de tours, j'me suis vidée. Lessivée, la gamine autrefois teintée de rouge et noir. Quasiment blanche, j'me rachète une virginité, ouais, j'y crois, à quoi bon s'lamenter ?
J'ai pas encore regardé tes mains d'assez près, mais j'suis sure qu'elles sont scarifiées de volonté. Y'a eu des errances, j'te crois, des douleurs pas si bénignes, et aussi, surement, des océans de bile. Le monde en bleu et jaune, est-ce que tu connais ? Quand le soleil brûlant et le ciel cyan se sont fait spolié. On a récolté l'acide qui tapisse, sans parcelle de catharsis. On a écumé les naufrages, en priant pour de nouveaux rivages. Tant et si bien qu'on s'est agrippé à le moindre bout de chair dressé. On s'est entortillées dans des étreintes faibles, on a fini par s'anesthésier. Dans des comas plus ou moins éthyliques, on en a oublié les idéaux atrocement idylliques. On a bu c'qui trainait dans es caniveaux, d'infections en afflictions, on a appris de nouveaux mots. Beaux à tatouer sur nos chairs terrassées. On s'est perdues dans des violences innommables, on s'est tellement heurté que ça en devient ineffable.
Et aujourd'hui, encore, sancitifées dans l'précipice, on cherche à s'extirper de cet angoissant supplice ?
Alors, laisse moi quelques minutes encore, le temps de foutre de l'oxygène dans mes poumons et puis, de m'en enivrer. Histoire de te dresser, d'ici peu de temps, la liste de qui pourrait nous arriver. J'te vois en face, et j'ai presque envie de sauter te rejoindre, j'sais pas quel est ton univers. Mais j'viendrai peut-être y ramper, bizarroïde ver.
J'te referai ce truc qui me fait baliser. J'te sourirai.
Justine-Lucie Bricot ~ Allez, j'me shoote à ton espoir fébrile, je me souviens de l'époque où je luttais. J'sens mes veines frémir, et j'bouillis au lieu d'écrire.
Mais, j'ai la faiblesse de penser. Quand on est bien assez bas pour trouver une autre occupation que d'nous panser. J'échange mes sparadraps sceptiques contre du fil antiseptique. Si t'as du mercurochrome en stock, j'te le pique et te file un filtre coloré, j'ai de quoi rendre arc-en-ciel les soirs embrumés. Faut pas croire, j'ai accumulé quelques trésors, au milieu des désastres, se tient même une pépite d'or. Elle le sait pas, mais j'puise dans ses pupilles de quoi me nourrir. De quoi couper les racines de mes malsaines pensées, de quoi même apprendre à donner.
Alors, si tu veux vraiment vivre entre mes barreaux, déploie quand même tes ailes, on deviendra de jolis oiseaux. Ou bien des papillonsde nuit, j'peux pas te le promettre, mais j'te foutrai des rengaines de solidarité dans la tête.Et si tu rentres, cherche las la clé. Elle est nos têtes, et on parviendra bien à la débusquer. Avec des mots gorgés d'acide, qu'on fera circuler, à force d'arpenter nos langues étranglées, ils finiront bien par optimiser. Et en quelques phrases, j'donnerai dans le coup d'éclat. J'te ferai rire, jusqu'à ce que ta voix.. Atteigne le haut du gouffre et tu te hisseras là-haut. J'te suivrai peut-être, peut-être pas. L'important c'est qu'on s'foute pas dos à dos. Allez hop, c'est le refrain de l'ultime espérance, le parfum de la future insouciance.
Mes phrases à ton service, si tu glisses. Pacte d'écriture, promis, j'les saupoudrerai jamais de cyanure.
Mathilde Baron ~ Un désir silencieux parcoure ma tête. L'envie d'étirer mes lêvres à en faire craquer la peau, juste parce que t'as fais de même, en lévitation, tu vois, t'as gravis les échelons, la force qu'on s'est donnée, c'te battle, ça nous fait avancer, j'connais, j'connais pas l'monde bleu mais y s'peut bien qu'ça soit comme l'océan, tu crois qu'on pourra voir apparaitre le reflet des poissons dans le ciel, comme on voit le reflet du soleil sur l'étendue bleue ? Là, en armonie avec tes paroles, j'les ai bu et je rafistolle, peu à peu les plaies marquées au fer rouge sur notre chair grillée, l'éternité, ça fait un bail que j'me suis pas relevée, j'vois ta silhouette, qui rejoint l'autre rive, viens t'asseoir à mes cotés, à observer ce qu'on nous a pas donné, vas droit et ne t'arretes pas, on a une main tendue, une main qui nous lache pas, un morceau de ficelle qui s'envole, est-ce un cerf-volant, ou bien un morceau de rêve d'enfant ? J'veux pas grimper avec seulement l'espoir que tu me suives, là à ce niveau ça ne servirait à rien, j'crois qu'le mieux serait une promesse, j'tiendrai ton âme en laice, suis-moi ou restons là, en bas ou haut sommet, qu'est-ce que ça changera ? De la volonté, dans mes mains d'ignorante, de la volonté à te retenir, ils ont laché l'éponge trop tot, moi j'la jetterai pas, j'peux pas, abandonner n'fait parfois plus parti de mon vocabulaire, une centaine de mots, peut-etre qui pourrait rallumer les révèrbères, dans la nuit, qu'on soit oiseau de feu ou papillon on s'envolera dans les cieux, avec cette meme envie, l'aspect ne compte plus, maintenant c'est c'qui nous endurcie, hissons nous, l'acide sera pour nous un toboggan à l'envers, j'prendrai volontié ton arc-en-ciel si on l'partage à deux. Faible et fatiguée mes doigts congelés martellent le clavier, les touches rythment les notes du piano, j'donne encore un peu de force dans mes mains pour te dire à quel point, ce refrain est merveilleux quand on s'y attarde à deux, comprendre les paroles pour s'émerveiller comme jamais, échanger un rictus sans une difficulté, ça ça s'ra ma promesse, c'que j'ferai à fond, pour que mon sourire se mêle au tien et nous donne la force d'aller loin, il fait sombre mais le sang sur nos lèvres brillera de mille éclats lorsque les plaies qui nous consumaient ne seront plus capable de nous faire chavirer, ni même de nous faire douter.
Alors, j'répondrai à ton sourire. Et la glace du lac fondra peu à peu, le radeau deviendra magnifique navire qui nous emmènera, là où le regard ne porte pas...
~
Justine-Lucie Bricot ~ 'voulais pas gâcher notre "battle" en finissant par des mots moins beaux, étant donné que ton dernier message était.. *s'incline*
Alors, discussion privée ('tentiiiiiiion xD) pour te remercier, en toute sincérité, un peu de pommade parsemée. Soupçon de soulagement instantané. Mes syllabes s'entremêlent, phrases aussi emberlificotées que les vis qui me strillent le cerveau. Ça fait comme des pochoirs, des découpages, sur mes milliers de neurones, agglomérés en pages. Cerveau-manuscrit, caveau d'ma vie.
Malgré tes mots, ça cogne encore très fort. Une détonation sourde, pas de place pour les remords. Ni pour les excuses. Et pourtant..
J'espère ne pas t'avoir forcé à replonger dans des tombes de tristes sentiments. T'avais l'air si heureuse ces derniers temps, alors j'espère que ce n'est que la folie de l'écriture qui te rend pour un temps.. Aux démons anciens.
Oui, j'espère que tu vas bien. Et que traces ta route, même si j'veux bien te promettre que j'suis là, juste à côté. Que j'risque surement de réapparaitre sans frapper. Met la clé dans la serrure si tu veux pas me voir débarquer.
Ouhlà, je sais que je m'embrouille là.
Je retourne te relire, et je reviens ajouter quelques phrases ici-bas. Justine-Lucie Bricot 4 octobre, à 18:59
Pas grand-chose, à redire, c'est-à-dire que..
A la revoyure, camarade. Je m'engage sous le même drapeau que toi. Luttons des tréfonds, de nos ongles sales qui se plantent dans nos doigts. Phalanges désarticulées en lutte. J'vois ton ombre, et je m'incline.
A très bientôt, sorcière mutine.
;].
Mathilde Baron ~ .. Tss. J'avais l'air heureuse et pourtant bien au fond d'moi c'est la démence de mon propre ennui, j'cris la rage qui me maltraite et les sanglots qui prennent mon être. Mais même si j'ai plus gout a rien y'a ces mots qui m'emmènent loin, ça m'fait un bien fou et même si mes paroles sont malsaines, j'sais, dans notre monde en tout cas on sera reine, on f'ra l'histoire à notre façon, et j'te l'avouerai, c'est d'la passion qui m'animait, le désir de placer les bons mots pour réussir à donner le sourire, est-ce une joie partagée ? Je ne sais, et si seulement la détonation pouvait s'estomper, le temps d'un rire qui pourrait s'amplifier, tu sais, comme ces ondes radioactives qui nous parcourent le cerveau et qui nous contaminent à une cadence démesurée, un plaisir, un réel plaisir d'avoir troqué mes devoirs contre un moment de liberté. J'suis démoralisée et aussi défigurée par le lycée, je peine, je coule mais ces moments là donnent envie de continuer, d'avoir un nouveau but, de se dire "demain, au lieu de me noyer, j'écrirai, je lui écrirai, je leur écrirai, j'écrirai au monde entier.", un "toujours dans le jamais" (ref. L'élégance du hérisson ;) ), - Notre - toujours dans le jamais.
Mathilde Baron ~ & j'relie, j'relie tout parce que ce soir, j'voudrais encore m'évader, alors j'bois tes mots et puis les miens, j'suis ivre mais j'continue, j'en ai besoin, j'en ai besoin..
Justine-Lucie Bricot ~ Ôte toi le doute de la réciprocité, ça faisait des semaines que j'm'étais pas laissée emporter. Merci, bravo, j'te dois un sourire rarement accolé. J'te dois des sanglots qui s'calment, sans médicaments, ni apnée. Sur le flot de nos maux, on va bâtir notre empire. Même sur les sables mouvants, on s'suspendra aux étoiles filantes, si la vie se met encore en tête de nous fuir. Au creux de ma poitrine, la douleur devient divine. Elle est comme les puissances occultes, elle existe et j'peux pas la prouver, elle me subsiste même quand j'me blottis dans les étreintes de Morphée. J'l'invoque pour qu'elle se casse, mais cette salope est lâche. Elle s'est accrochée à mes os, elle y grave son message . Marche ou crève, dans tous les cas, tu ne connaitra que la rage. J'ai bousillé les sentiments avec ma mâchoire acérée. J'voudrais y croire et cesser d'envoyer des signaux de détresse. Mais comment s'y retrouver, entre acidité, angoisse, tremblements et stress ?
C'est glauque quand on y pense. Tu sais, hier, chacune sur notre côté de trottoir, et la foule qui vrombissait. On serrait dans notre paume, la main de celle qu'on voudrait prendre pour notre destinée. Je sais pas si toi, tu y crois. Moi, putain, j'ai du mal ('doit y avoir autre chose ♪ ;]). Je crois que toi, t'y crois. Je t'admire, vraiment, pour ça.
Oui, donc, j'y reviens, chacune sur notre bout d'asphalte à arpenter les chemins escarpés d'un futur qu'on voudrait esquisser. On a tourné la tête, souviens-toi, on s'est regardé, tiré la langue, reparties chacune de notre côté. Aujourd'hui, on est là. Putain. Putain. A s'enivrer. Si je tarde à te livrer mes pensées c'est que j'nous relis aussi. On est incorrigibles, mais putain, ça fait plaisir.
J'te jure que j'y croyais plus aujourd'hui, maintes et maintes fois dessus, j'étais enfermée sans lumière, j'cherchais de quoi me foutre dans un état d'inconscience éphémère. Puis, t'es aperçu, brin de lumière.
J'écris, j'écris, je t'écris. En espérant que ça te donne de quoi continuer. En espérant arracher de mon c½ur ligoté.. De quoi survivre en cette soirée.
Demain, la foule, la foule. Demain, je m'écroule. Mais, je remonte toujours aussi la pente que j'ai pu la dévaler. Incorrigible, j'te dis.
Ravie de t'avoir parlé.
Mathilde Baron ~ J'me souviens, j'me souviens, la langue que t'as tiré, ton sourire, que j'suis sûre avoir perçu. Un rayonnement parmis le noir qui nous entourait. On tenait réciproquement la main de celle pour qui notre coeur bat encore aujourd'hui, et oui, moi, j'y crois, c'est fou et stupide et tu ne dois pas m'admirer pour ça, parce qu'à chaque nouvelle histoire qui se commence et s'écrit j'y crois, jusqu'au moment où j'me prend une grande claque par la réalité, et j'tombe de haut, biensûr, je peine à me relever, et pourtant tu vois j'y croyais.. Ce qu'il faudrait c'est y croire sans jamais rêver, avec toujours cette image d'une possible fin sans jamais douter, donner sans jamais recevoir, aimer, aimer à en crever mais ne plus jamais se voiler la face. Et ça, c'est dur, dur parce qu'on doit trouver le juste milieu, entre rêve, naïveté, réalité et destinée, parce qu'à chaque fois on tranche à l'extreme sans parvenir à faire la part des choses.
En dévalant la pente on se casse toujours quelque chose, pour ma part c'est l'espoir et la force qui s'échappent, et à force de remonter on devient vide, mais demain, demain tu te relèveras, et si tu veux, un peu de mots qui pétillent, demain, demain je t'écrirai. Comme tu l'as fais pour que toujours je continue.
C'n'est même plus descriptible ce que tout ça m'a procuré, de la joie, du bonheur, un p'tit peu de gaieté ? Oui, mon sourire ne s'efface plus ce soir, je ne peux le gommer. Un sourire sincère, un sourire béhat.
Il n'y a plus rien d'amer, ce soir. Juste l'eau que j'ai bu lorsque je failli me noyer...
Justine-Lucie Bricot ~ Moi, j'y crois, justement, mais sans rêver. J'donne à tout va, sans parvenir à vraiment accepter ce qu'elle pourrait me donner. Je garde le contrôle sur mon c½ur, au risque d'imploser. Je voudrais bien déverrouiller, mais elle est pas facile, j'te jure. J'suis pas tombée sur une gamine docile. Elle est loin, si tu savais, si loin, de nos syllabes suffocantes et abîmées. Elle fait pas de métaphores, et elle dit qu'elle a rien à cicatriser. Qu'elle est sincère et que, pour elle, faut pas s'inquiéter. De la peine à y croire, mais je m'éparpille. Faudrait pas que je m'lance à t'raconter ma vie.
La part des choses, j'la fais dans une méfiance constante. Je l'ai déjà dit, je calcule en espérant ne plus m'laisser prendre. A chaque moment passé sans elle, j'redoute de la revoir. J'ai peur qu'elle me fasse la bise, avec un faible "au revoir". J'ai confiance en personne, peut-être que je devrai. J'ai confiance en notre capacité à s'rater. A s'écorcher la face sur le béton, à saigner des litres et des litres, à saigner jusqu'à en perdre l'équilibre et la raison. A s'prendre pour des funambules sur le fil du rasoir, à attacher des fils rouges au bout de nos doigts fatigués de toujours trop.. Trop palper avec des promesses illusoires. Et tous ces macchabées dans nos souvenirs, t'sais, les corps qui nous ont arraché des soupirs. On les pousse aux portes de notre mémoire, sans jamais parvenir à les déloger. Si j'avais un cutter, j'te jure, ça serait par là que j'commencerai. J'arracherai et j'reviendrai, amnésiée. Prête, pour de vrai. Pour l'instant, j'attends, le néant qui m'habite. Aujourd'hui, je croyais avoir perdu les eaux, et pourtant dans mes tempes, l'existence, palpite.
Je veux plus que tu dévales, et j'm'en veux de pas avoir été là, avant. De pas avoir tendu ma main quand tu t'faisais kidnapper par le noir, inquiétant. Au couchant, dorénavant, tu peux compter sur moi. La nuit, je ne dors pas. Je suis à demi humaine, Frankenstein est dans mes entrailles.
Excuse-moi d'exposer mes failles.
Merci.
A demain par je ne sais quel moyen, mais, j'en suis persuadée, à demain. ♥
Mathilde Baron ~ J'n'ai pas pu te répondre avant, merci ma maman, d'm'avoir imposer de déconnecter avant. J'ai demandé ton numéro à Mag' mais t'es pas chez orange alors aujourd'hui, j't'enverrai un message, avec un portable autre que le mien. "Par je ne sais quel moyen..." tu vois, les moyens du bord, encore et toujours eux.
T'sais des fois je fais vraiment d'la merde, persuadée du mal qui m'entoure je m'enferme dans la haine, et puis en fait quand le doute me vient j'me réveille peu à peu, finalement j'voyais l'mal partout mais c'était que du merveilleux.
Moi j'ai peur d'un demain, de ne plus avoir d'nouvelles ou qu'elle ne me prenne plus la main. J'ai peur de lire la trahison sur son visage, à chaque fois qu'elle se blottie au fond d'mes reins. J'donnerai tout pour un peu d'éternel, un p'tit mot comme ça, qui bascule la chandelle, un truc qui m'dirait que jamais elle me quitterait, qu'avec elle je referait ma vie, elle n'se voit meme plus lesbienne à l'age de vingt ans, Dieu sait comment j'l'ai pris mal, parce qu'on m'fait toujours comprendre par un message subliminale que ça durera pas longtemps, mais j'm'entête, et j'fonce droit dans l'mur, et quand j'me fracasse alors, je prie face à la lune, hier encore elle était pleine, j'voulais voir son reflet, dans la mer, mais j'pouvais pas m'échapper, les nuages ont commencé à la cacher et là mes larmes ont coulé, j'voulais pas t'sais, y'a des signes auxquels tu crois qui veulent pas me dissuader..
C'est fou mais j'me disais la meme chose, que franchement j'm'en veux d'pas avoir vu, t'sais au premier coup d'oeil j'ai pas su, et sincèrement les blogs, ça reflète ce qu'on cache au premier venu, et j'me disais "merde, merde, mais pourquoi j'lui tend pas cette main ?" cette main meme, qui s'écorche contre le mur, mais qui déploie sa force pour sauver une autre main, t'sais ça fait longtemps qu'un esprit m'habite, le soir il redescend dans mon corps et ne me laisse plus fermer les yeux, j'ai des insomnies & lorsque j'somnole j'rêve d'un signe foireux, alors j'me réveille en sursaut, et j'contemple les cieux.
T'as pas à t'excuser de quoi qu'se soit, j'crois qu'à c'niveau là on porte un même poids, pas forcément définini ressenti pareil, mais tu voit, on en écrit. Alors oui, aujourd'hui je t'écris, tu ne liras cela que ce soir, s'en doute, mais j't'enverrai un message. Si tu tombes relèves-toi, y'a une nouvelle battle qui nous tendra les bras.
Pix : Juh' & Jetsam. By Sangkikoul_
J't'oublierai, Luciole.